Les Pathologies

Epaule

Les prothèses

Description

Il existe 3 grandes pathologies qui peuvent nécessiter la mise en place d’une prothèse d’épaule :

  • L’omarthrose, c’est à dire l’usure du cartilage au niveau de l’articulation, comme cela peut être le cas dans une hanche ou un genou
  • La rupture massive des tendons de la coiffe des rotateurs
  • En cas de fracture complexe de l’extrémité supérieure de l’humérus chez une personne âgée (Plus de 70 ans)

Cette intervention intéresse essentiellement les sujets âgés, et leurs résultats se sont nettement améliorés depuis les 10 dernières années, en raison des progrès enregistrés sur la technique et le matériel.

DEFINITION ET ANATOMIE

L’articulation principale de l’épaule ou articulation gléno-humérale est constituée de plusieurs types de structures, notamment d’os et de parties molles. Les structures osseuses sont constituées de deux os principaux qui « s’emboîtent » :

  • L’humérus, dont la partie supérieure articulaire a une forme arrondie et constitue le tiers d’une sphère.
  • L’omoplate, os plat triangulaire, glissant sur le thorax, dont la partie articulaire ou glène, s’articule avec la tête de l’humérus.

La partie articulaire de ces os est recouverte d’une couche de tissu appelée cartilage qui facilite le glissement des surfaces articulaires  le rendant indolore et sans friction. L’usure du cartilage ou arthrose entraîne un frottement direct « os sur os » extrêmement douloureux. En outre, la tête de l’humérus est entourée de la coiffe des rotateurs, constituée de cinq muscles se prolongeant par leurs tendons. Cet ensemble muscles – tendons sert à donner la force pour lever le bras et le tourner. Il contribue également à la stabilité de l’épaule.

CAUSES ET SYMPTOMES

L’usure des surfaces articulaires :

Elle peut être en rapport avec l’arthrose, les maladies inflammatoires, la nécrose de la tête de l’humérus, et certains traumatismes anciens de l’épaule. Cette usure provoque souvent des douleurs lors de la mobilisation du bras, mais parfois même au repos, de plus en plus importantes, jusqu’à devenir nocturnes. La douleur, ainsi que l’usure des surfaces articulaires, est également responsable d’une diminution de la mobilité de l’épaule.

Les fractures :

Les fractures complexes de l’extrémité supérieure de l’humérus comportant de nombreux fragments, très déplacés, chez le sujet âgé, peuvent bénéficier d’une prothèse de l’épaule. La rupture massive des tendons de la coiffe des rotateurs Elle peut entraîner une ascension de la tête de l’humérus qui vient se caler sous l’acromion. Dans ces conditions la douleur est associée le plus souvent à un manque complet de force ne permettant plus au bras de monter vers l’avant. Ces trois situations, toutes très différentes sur le plan de la pathologie, peuvent désormais trouver une solution grâce à la prothèse d’épaule.

LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES

  • La radiographie standard : elle suffit pour faire le diagnostic d’une omarthrose, et ce quel que soit l’origine (nécrose, arthrose, rupture massive de coiffe, arthrite inflammatoire)
  • L’arthro-TDM : il est très fréquemment  demandé lorsqu’une indication chirurgicale est posée. Il permet l’étude précise du cartilage, des tendons de la coiffe, et du stock osseux de la glène.

Traitements possibles

Le traitement conservateur :

Dans les pathologies comme l’arthrose, les maladies rhumatismales ou la nécrose de la tête de l’humérus, on peut commencer à traiter la douleur par des anti-inflammatoires et des antalgiques. On peut également proposer une rééducation pour s’attacher à conserver la mobilité et la force musculaire de l’épaule. Enfin les infiltrations par des anti-inflammatoires de type stéroïdien peuvent dans un premier temps soulager une bonne partie des douleurs. Devant l’échec de ces différentes méthodes et la persistance ou l’aggravation des symptômes, on devra envisager  la réalisation d’une prothèse de l’épaule.

La chirurgie

L’intervention consiste à remplacer les surfaces articulaires usées par des pièces prothétiques composées de métal et de polyéthylène (plastique hautement résistant) Il existe 3 grands types de prothèses d’épaule :

  • La prothèse totale anatomique, indiquée dans l’arthrose ou l’arthrite

  • La prothèse totale inversée, indiquée dans les ruptures massives de coiffe ou dans les fractures complexes du patient âgé

  • La prothèse unipolaire ou la prothèse de resurfaçage, indiquée dans les nécroses et l’arthrose chez le patient jeune

Les suites de l’intervention

La durée d’hospitalisation est d’environ 4 à 5 jours. La rééducation peut se faire soit en centre, soit à domicile. L’épaule n’est pas immobilisée. La rééducation est débutée très rapidement après l’intervention, dès l’hospitalisation, et s’attachera à restituer la souplesse de l’articulation dans un premier temps, puis la force. Le résultat définitif d’une prothèse de l’épaule se juge  6 mois après l’intervention.

Complications 

Même si le taux de complications reste faible par rapport aux nombres de prothèses mises en place, certaines d’entre elles peuvent nécessiter une reprise chirurgicale. On distingue les complications liées à la prothèse elle-même :

  • L’infection
  • L’usure de la prothèse ou sa luxation

Et celles liées à l’acte chirurgical :

  • Lésion nerveuse
  • Fracture

Enfin, certaines douleurs peuvent persister après l’intervention même si la prothèse a été parfaitement posée.

En résumé

La chirurgie du remplacement prothétique de l’épaule, a récemment fait d’importants progrès. C’est une bonne solution pour soulager les douleurs, améliorer la mobilité et la force de l’épaule en cas de lésion sévère et de gène fonctionnelle importante. Les résultats sont directement liés à l’expérience et à la spécialisation du chirurgien.